Jean Soury président départemental de l'A.N.A.C.R Comité 37 pendant son allocution. Photo ADIRP 37

Vendredi 31 août , un hommage était rendu aux habitants du quartier La Fuye-Velpeau disparus pendant la deuxième guerre mondiale. Quatre lieux du quartier étaient concernés par cette cérémonie. L'église du Sacré Coeur - Le patronage laïque La Fuye - L'école publique Velpeau - Le jardin Velpeau.

Plaque commémorative située dans l'enceinte de l'église du Sacré-Coeur. Photo ADIRP 37

Les élus, les associations patriotiques, les porte-drapeaux, l'Harmonie de la Fuye, ainsi que le public avaient rendez-vous dans un premier temps à l'église du Sacré - Coeur pour rendre hommage aux 8 membres de l'Etoile Sportive morts pour la France.

Plaque commémorative du Patronage laïque La Fuye. Photo ADIRP 37

Le cortège pris la direction du Patronage laïque La Fuye pour honorer la mémoire des 8 disparus du Patronage Laïque.

A l'annonce du nom de chaque disparu, les enfants du quartier ont déposé  une rose  sous  la plaque commémorative,

Après la sonnerie aux morts et la Marseillaise, l'Harmonie a joué  le "Chant des marais", chant des déportés.

Dépose de la  rose au pied de la plaque commémorative. Photo ADIRP 37

 

Les élus et les porte-drapeaux au Patronage laïque La Fuye. Photo ADIRP 37

 

 Plaque commémorative située dans l'école publique La Fuye. Photo ADIRP 37

L'ensemble des participants remontait la rue de La Fuye en direction de l'école publique Velpeau. Le directeur de l'école, à rappelé la mission de l'école : " faire partager aux enfants les valeurs de la république, pour permettre le vivre ensemble".

 

Le rassemblement devant la  stèle du jardin Velpeau. Photo ADIRP 37

Les porte-drapeaux  Photo ADIRP 37

Les porte-drapeaux  Photo ADIRP 37

La stèle rappelant les noms des disparus du quartier. Photo ADIRP 37

Au jardin Velpeau , la montée du drapeau, fuit suivie par  le Chant des Partisans.

Après le dépôt des gerbes, on procéda à la lecture des noms des disparus du quartier.

L'assistance était invitée à respecter une minute de silence à la mémoire des disparus.

Dans son allocution Jean Soury président de l'A.N.A.C.R Comité 37 et ancien résistant du Limousin, a rappelé le sacrifice de celles et ceux qui ont refusé de se soumettre et qui se sont battus pour libérer la patrie. Un travail de mémoire est nécessaire afin de ne pas oublier les évènements qui ont marqué l'histoire de la France.

Le discours de Jean Soury

31 août 2018, 74ème anniversaire de la Libération du quartier de La Fuye-Velpeau à Tours.

      Nous sommes rassemblés ce soir pour commémorer la libération de ce quartier de la Fuye-Velpeau. Ce n’est pas encore la fin de cette guerre, il faudra attendre le 8 mai 1945 pour assister à la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie.  

     Cette guerre, coûta très cher en vies humaines, en souffrances, en destructions massives. Des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants furent tués, fusillés, massacrés, morts dans les camps, devant un peloton d'exécution ou au combat. Tout cela suivi de son cortège de deuils, de misères pour les peuples - dont le nôtre - qui en ont été victimes.

       Les noms gravés à l'intérieur de l'Eglise du Sacré-Cœur, ceux du Patronage Laïque, de l'Ecole laïque Velpeau en portent témoignage.

       Nous sommes ici, à l'intérieur de ce jardin devant cette pierre de mémoire ou sont gravés 27 noms d'enfants, de femmes, d'hommes qui sont morts pour la France. Il nous faut y associer d’autres noms de martyrs que les dernières recherches ont permis et peuvent permettre encore de découvrir.

       Au cours de l'année 1944, cinq hommes de ce quartier ont été fusillés. Deux au camp du Ruchard, deux au Mont Valérien.  Le cinquième a été fusillé au Petit-bois de Saint-Avertin le 29 août 1944.

       Le quartier fut bombardé à plusieurs reprises, le plus meurtrier fut celui du 20 mai 1944. Bilan, 143 victimes dont 60 pour le quartier La Fuye-Velpeau.

    Parmi toutes ces victimes, il y avait des résistants. Certains étaient communistes, socialistes, démocrates, gens de droite attachés à la République. La Résistance, il faut le rappeler aujourd’hui, les femmes et les hommes qui la composaient étaient des Français, mais il y avait des Espagnols, des Polonais, des Russes, des Allemands, des Algériens et biens d’autres nationalités, il y avait ceux venus de l’Empire, mais aussi de la MOI (Main-d’œuvre immigrée). En somme, la résistance française, c’était toutes les patries ensembles.            Presque tous ces martyrs furent déportés dans les camps nazis. Celles et ceux du quartier La Fuye-Velpeau périrent toutes et tous dans les camps à l'exception d'Odette JARASSIER qui nous a quittés, rappelons-le, dans sa 103ème année.

    Après l’évocation de ce triste bilan, je voudrais parler de ce que fut la Résistance à l’occupation nazie. La particularité de la deuxième guerre mondiale, c’est qu’il y a eu la Résistance. Elle fut plus qu’une guerre d’un peuple contre un autre peuple, elle a été un affrontement entre deux conceptions idéologiques de la vie, au point que l’ennemi avait à ses côtés des collabos français plus sordides que leurs maîtres, et que nous avions parmi nous des démocrates allemands et autrichiens qui, à eux seuls, nous auraient empêchés de confondre, dans notre haine, le peuple allemand et ses chefs nazis.

      Comme un vent d’orage, la Résistance a ébranlé les forces ennemies et les ruines pourries de l’Etat français installé par l’envahisseur. Au prix d’immenses sacrifices, d’exécutions, de déportations et de tortures, elle a redonné au pays son honneur et sa liberté. Victorieuse, elle a apporté à nos institutions un progrès décisif.

      Depuis le 8 mai 1945 ou nous fêtions dans la joie l’écrasement du nazisme dans la paix retrouvée, qui aurait pu penser, 74 ans plus tard, que nous connaitrions un monde sous tension tel qu’il est aujourd’hui.

      Qui aurait pu imaginer notre société frappée par ce terrible fléau, le chômage. Qui aurait pu imaginer quelques décennies après la fin du deuxième conflit mondial qu’un terrorisme aveugle menacerait chacun d’entre nous mettant en danger les fondements de notre République. Nous assistons, année après année, pays après pays, à cette montée de l’extrême droite concrétisée sur le plan électoral en Norvège, Finlande, Pays-Bas, Grèce, mais aussi en Autriche et en Allemagne. Et les évolutions de la Hongrie de la Pologne et de l’Italie sont particulièrement inquiétantes.

      Elles se caractérisent, dans ces pays, par des restrictions des libertés démocratiques, des atteintes à la liberté de la presse, des murs de barbelés érigés aux frontières accompagnant un discours et des mesures xénophobes, en premier lieu à l’encontre des migrants venant chercher en Europe un refuge, la survie, un mieux-vivre, pour eux et leur famille.

      Alors que nous devrions vivre dans les conditions de notre temps, au 21ème siècle, nous connaissons, les uns et les autres, des moments difficiles. A défaut de s’accorder sur le savoir ou aller, sachons au moins ou ne plus aller en maitrisant mieux notre passé.

      Car là est bien la question. Comment la France, pays des droits de l’homme en est-elle arrivée à ce stade ? Comment notre peuple au passé révolutionnaire le plus riche, le plus exaltant, se trouve-il déboussolé au point de voir un électorat pour moitié absent des urnes et l’autre moitié dans sa majorité, vouloir confier à la droite extrême et à l’extrême droite les destinées de la nation.

      Ce n’est pas cet héritage là que les Résistantes et les Résistants qui ont combattu le nazisme et rétabli les libertés ont voulu laisser aux générations actuelles. Celles et ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour que nous puissions vivre en démocratie et que nous honorons ce soir devant ce monument, méritent plus de respect.

      A ceux qui font fi de notre passé, je leur dis ceci : Si vous aviez vécu ces quatre années sous le fascisme hitlérien et celui de l’Etat Français de Pétain, si vous aviez, comme tous les combattants de l’ombre risqué votre vie, et pour certains avoir connu la prison, la déportation, la torture et bien d’autres sévices, vous sauriez ce que coûte de sang le combat pour la liberté.

      Vous sauriez aussi, à défaut de connaître le paradis, de quel côté se trouve l’enfer, et sachant cela, quand la République vous invite à choisir votre destin, je suis persuadé que vous ne laisseriez pas aux autres le soin de décider à votre place.

      L’héritage de la Résistance que nous voulons laisser, plus particulièrement à la jeunesse, c’est la prise en compte de valeurs qui, sans aucun doute sont appelées à durer pour les générations et les générations à venir : l’humanisme, la justice sociale, les droits de l’homme, la paix.

     L’exemple offert par les femmes et les hommes de la Résistance est également, en soi, une valeur à transmettre, le dévouement, l’esprit de sacrifice, l’amour de la patrie, je dirai aussi, le courage.        

    Il n’y a pas de meilleur exemple à donner à notre jeunesse, pour leur formation de citoyen, que de s’inspirer de l’engagement de ces femmes et de ces hommes dans leur combat contre ce qui fut la honte d l’humanité, le fascisme hitlérien, pour une société plus humaine, répondant aux exigences de notre temps.

      Je terminerai mon propos en reprenant cette citation de Christian PINEAU, ancien ministre, je cite : « La mémoire ce n’est pas seulement le passé, c’est aussi l’avenir ».

 

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