76ème cérémonie commémorative à la stèle du Ruchard le 6 octobre 2018
15 oct. 2018Il y avait beaucoup d'émotion ce samedi 6 octobre à la stèle du Ruchard, lors de l'hommage aux quinze résistants fusillés par les nazis en octobre 1942.
Cette cérémonie était organisée comme chaque année par le Comité du patronage et le Comité de la stèle du Ruchard. Elle s'est déroulée en présence du sous-préfet de Chinon Samuel Gerest, des autorités civiles et militaires et des familles de fusillés et de quelques élèves d'Avon-les-Roches. Une cinquantaine de porte-drapeaux étaient présents.
Avant de commencer la cérémonie, une petite délégation des familles accompagnée par Isabelle Raimond-Pavéro sénatrice, se sont rendus à la "tranchée des fusillés" située dans le camp du Ruchard, pour y déposer une gerbe.

La tranchée des fusillés
Monsieur le sous-préfet Samuel Gerest et les autorités civiles et militaires
Après le Chant des Partisans joué par l'Harmonie de la Fuye, Jean-Maurice Pialeport, secrétaire du Comité de la Stèle et Jean Soury, président de l'ANACR 37, ont lu les noms des fusillés et massacrés de Touraine. La sonnerie aux morts fut suivie par une minute de silence.
Jean-Maurice Pialeport et Jean Soury lors de la lecture des noms des fusillés.
La cérémonie s'est poursuivie par le dépôt des gerbes.

Dépôt de gerbe par le sous-préfet Samuel Gerest
Dépôt de gerbe par Mme Deroche présidente du Comité de la Stèle, de Mme Degrieck présidente de l'ONAC-VG, du capitaine Aurenche et du Major Collin du Ruchard
Dépôt de gerbe par les représentants des familles de fusillés



Mme Hélène Biéret du Comité de la Stèle a lu le discours de Georges Duffau, président de l’Association pour le Souvenir des Fusillés du Mont-Valérien et d’Ile-de-France et de l’Association des Amis du Musée de
Le discours de Georges Duffau
" Il y a maintenant 74 ans que les troupes alliées, dont un important contingent français, accompagnées et aidées par
Les témoins directs sont de moins en moins nombreux ; la transmission du souvenir des atrocités nazies et, en contrepoint, celle des valeurs de
Ils résistaient de toutes les façons possibles (renseignement, évasions, politique, lutte armée, etc), mais, au-delà du combat, ils ont su préparer les lendemains en réfléchissant à l’avenir. Jean Moulin, représentant personnel du général De Gaulle en France occupée, unifia
Le gouvernement, dirigé par le général De Gaulle et qui comprenait trois partis résistants : le parti Communiste, le parti Socialiste et le parti du Mouvement Républicain Populaire (nous dirions Chrétien Démocrate aujourd’hui), mit en œuvre ce programme. Il ne s’agissait pas de mesurettes sans importance, mais de décisions structurantes pour la société. Dans leur grande majorité elles sont toujours en place et sont des éléments importants de notre vie quotidienne.
Je vais en citer quelques-unes :
Les valeurs qui ont guidé le CNR sont toujours les nôtres : Liberté, Démocratie, Progrès social, Solidarité, etc. Si nous voulons rester fidèles à ceux dont nous honorons la mémoire, il nous faut poursuivre leur combat car c’est bien d’un combat qu’il s’agit. Des forces rétrogrades veulent nous faire revenir en arrière. La xénophobie, le rejet de tout ce qui est différent, le racisme réapparaissent en France. C’est insupportable. Nous vivons dans une société qui a besoin de solidarité, toutes les religions doivent pouvoir être pratiquées en toute liberté ; par contre, il nous faut combattre les communautarismes et les extrémismes de toutes tendances. Tous les intégrismes se ressemblent ; ils ne supportent pas que l’on ne pense pas comme eux et veulent nous caporaliser. La liberté n’est pas négociable. Il est impossible d’admettre les violences contre les juifs, mais il en est de même des violences contre les musulmans ou contre les homosexuels. La société est plurielle et ce multiculturalisme est à la base de ce que nous sommes.
Nous ne pouvons rester indifférents à ce qui se développe dans les pays qui nous entourent, qu’ils appartiennent ou non à l’Europe. Comment ne pas réagir quand un dirigeant d’un parti xénophobe allemand, le parti AFD, dit (je cite) : »Nous n’avons pas à rougir de l’action de l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale ». C’est scandaleux et contraire à la vérité historique. Maillé, village martyr proche de notre lieu de commémoration, est là pour en témoigner. L’armée allemande a massacré sa population innocente et partout en France occupée l’action de cette armée a démontré largement son inhumanité permanente. Celui qui parle ainsi appartient à un parti qui a obtenu 95 députés lors des dernières élections en Allemagne fédérale ; ne le sous-estimons pas. En Autriche, le parti d’extrême droite xénophobe a failli remporter l’élection présidentielle et il participe au gouvernement en étant titulaire de ministères importants. En Italie,
Nous sommes confrontés à des résurgences que l’on croyait impossibles. Les résistants que nous honorons ont donné leur vie pour que ces horreurs n’existent plus. Les valeurs qu’ils défendaient sont toujours actuelles. Il n’est pas supportable de rester sans réagir face à la propagation de ces idées malfaisantes. Nous sommes fidèles au sacrifice des Résistants ; par notre présence ici, nous marquons notre attachement aux idéaux de
Projet rénovation du site de la Stèle
Après le discours, Jean-Maurice Pialeport faisait part à l'assistance du projet de rénovation du site de la Stèle du Camp du Ruchard. Les travaux ont commencé par l'abatage de la haie exécuté par les militaires du Ruchard sous les ordres du major Collin que Jean-Maurice Pialeport à longuement remercié. Un muret en moellons sera construit en lieu et place de la haie.
Une souscription est ouverte pour la rénovation du site.

Le projet du muret
Les personnes qui désirent faire un don peuvent contacter le Comité de la Stèle.
Après les remerciements d'usage les autorités étaient invitées à saluer les porte-drapeaux.
Le maire d'Avon-les-Roches Pascal Blanchard, a accueilli les invités pour un vin d’honneur et un concert de l’Harmonie de la Fuye.
Source photos : Avon patrimoine.