L'hommage du Loir-et-Cher à Cécile Rol-Tanguy
20 mai 2020
Arrivée du cercueil au cimetière de Monteaux
Blois
Source : https://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/
A Blois, élus locaux, communistes et cégétistes rendent hommage à la résistante Cécile Rol-Tanguy
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Photo ADIRP 41

Les élus entonnent la Marseillaise au passage du cortège funéraire.
© Photo NR
Photo ADIRP 41

Les drapeaux de la CGT et du PC étaient présents sur le parcours du cortège funéraire. Photo Ville de Blois
Sur le pont Jacques-Gabriel, à Blois, les drapeaux rouges de la CGT et du Parti communiste français (PCF) flottent au vent. Il est 13 h 45 et les représentants du premier parti de France au sortir de la Deuxième Guerre mondiale et ceux du syndicat attendent le convoi funéraire transportant Cécile Rol-Tanguy, figure de la Résistance, morte à 101 ans. C’est notamment elle qui avait tapé l’ordre de l’insurrection parisienne dicté par son mari devenu le chef militaire des Forces françaises de l’intérieur (FFI) d’Ile-de-France, qui aboutira ensuite à la libération de Paris.
Décédée le 8 mai à son domicile de Monteaux, celle qui avait épousé Henri Tanguy – rencontré au syndicat des Métaux CGT de Paris où elle était employée – a été « agent de liaison » en transportant des armes, des messages et des tracts, et a aussi « défendu la cause des femmes », rappelle Christine Bariaud, co-secrétaire générale de l’union départementale CGT 41. Souhaitant « rendre hommage de manière militante » à Cécile Rol-Tanguy, les communistes et les cégétistes lui ont fait une haie d’honneur avant d’entonner Le Chant des partisans en traversant le pont, pour certains le poing levé.
De l’autre côté, place de la Résistance, c’est la Marseillaise qui a été chantée par le maire de Blois Marc Gricourt, accompagné de quelques élus locaux, des associations patriotiques et des porte-drapeaux. Le premier édile « proposera, fin juin, de donner le nom de “ la grande dame ” à un lieu public de la ville ».
Le communiqué du Maire de Blois
C’est avec une profonde émotion que nous avons appris, dans un jour si particulier qu’est la commémoration des 75 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, la disparition, de Cécile Rol-Tanguy à l’âge de 101 ans, héroïne de la Résistance et de la Libération, dont l’action restera un exemple de dévouement à la cause de la Liberté.
Alors que l’engagement des femmes dans la Résistance française fut longtemps occulté, de nombreuses héroïnes de l'ombre, qui ont refusé l’Occupation, ont joué un rôle décisif dans le combat contre Vichy et l’occupant nazi. Cécile Rol-Tanguy en est le parfait exemple.
Porteuse des plus hautes distinctions de la République, elle a, tout au long des quatre années d’Occupation, occupé le rôle d’agent de liaison en transportant des armes, des messages et des tracts. Elle a notamment tapé l’ordre de l’insurrection parisienne dicté par son mari, Henri Rol-Tanguy devenu le chef militaire des Forces Françaises de l’Intérieur d’Île-de-France, et qui aboutira huit jours plus tard à la Libération de la capitale.
Tout au long de sa vie, Cécile Rol-Tanguy a tenu à faire vivre la mémoire de la Résistance tout en s’investissant dans d’autres combats tels que militer en faveur de la paix, de la liberté, des droits des femmes en s’opposant à toute forme d’intolérance.
Blois a eu le plaisir et l’honneur de l’accueillir en voisine à plusieurs occasions notamment lors de l’inauguration de lieu portant le nom de personnages emblématiques de la Résistance tels que la place Rol-Tanguy le 7 septembre 2008, le mail Pierre-Sudreau et la promenade Mendès-France le 6 septembre 2009 ainsi qu’à la cérémonie d’obsèques de Pierre Sudreau le 28 janvier 2012.
Mes pensées vont aujourd’hui à l’ensemble de sa famille et je tiens à leur adresser en mon nom et au nom du conseil municipal de Blois mes plus sincères condoléances.
Monteaux
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Une cérémonie simple et digne pour l'adieu à Cécile Rol-Tanguy

La section d’honneur du Détachement air de Romorantin au garde-à-vous tandis que le cercueil de Cécile Rol-Tanguy est porté vers sa dernière demeure, au cimetière de Monteaux. © Photo NR
Recouvert du drapeau tricolore le cercueil semble petit, finalement, pour une si grande dame. Ce mardi 12 mai, après avoir cheminé le long de la Loire depuis Blois, escorté par deux motards de la gendarmerie, le cortège funéraire de Cécile Rol-Tanguy est arrivé à sa dernière étape au cimetière de Monteaux. C’est dans ce petit village, entre la Cisse et le coteau, qu’elle a vécu une retraite discrète et paisible, au côté de son époux, le colonel Henri Rol-Tanguy, disparu en 2002.
Les roses rouges Dans le bourg, les habitants se sont réunis pour saluer la défunte au passage du convoi, tandis qu’une jeune violoniste accompagnée d’un tambour jouait Le Chant des partisans.
À l’écart du village, devant la grille du minuscule cimetière, l’hommage est silencieux, simple et digne à l’image de la défunte. C’est le moment de saluer la mémoire de celle qui fut une combattante de l’ombre, celle dont le père est mort en déportation à Auschwitz et qui était entrée dès juillet 1940 dans la clandestinité, une date qui n’est pas anodine au regard de l’Histoire.
Médaillée de la Résistance, grand-croix de l’ordre national du Mérite, grand officier de la Légion d’honneur, elle portait ses décorations en souvenir de ses camarades morts dans la lutte contre l’occupant nazi et ses affidés. C’est aussi devant ce souvenir que se figent Yves Rousset, le préfet de Loir-et-Cher, la colonelle Isabelle Poirot et les vingt-deux militaires de la section d’honneur venus du Détachement air de Romorantin, au garde-à-vous baïonnette au canon. Chacun s’efforçant de respecter la distanciation physique même si ce n’est décidément guère facile en pareille circonstance.
La présidence de la République a envoyé une lettre à la famille et fait porter des fleurs, tout comme plusieurs ministres (Jacqueline Gourault, Élisabeth Borne) ainsi que le président du conseil départemental, Nicolas Perruchot, représenté par Catherine Lhéritier, élue du canton.
Des gerbes et des couronnes, il y en a d’ailleurs un plein fourgon. Beaucoup de roses rouges, la couleur fétiche de la disparue, restée toute sa vie fidèle à l’idéal communiste. « En 2019, nous lui en avions offert une centaine pour son anniversaire », raconte Yves Lehouelleur, le maire de Monteaux. Il garde le souvenir d’une personne « stricte et élégante », qui ne manquait jamais de remplir son devoir électoral. Et pour cause ! « On ne nous a pas donné le droit de vote, nous l’avons conquis en nous battant dans la Résistance », ne manquait jamais de rappeler Cécile Rol-Tanguy.
Seule la famille franchit la grille du cimetière : les quatre enfants de Cécile et Henri, leurs petits-enfants, quelques proches, munis de masques pour plusieurs d’entre eux. En raison de la crise sanitaire, les obsèques ne peuvent actuellement réunir plus de 20 personnes. Quelques mots émus s’envolent dans le vent frisquet, puis une voix s’élève. Celle d’Yves Montand qui chante A Paris.
Onzain
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Publié le | Mis à jour leL'hommage d'Onzain

Élus et anciens combattants rendent hommage à cette grande dame de la Résistance.© Photo NR
Anciens combattants, syndicalistes, adhérents du Parti communiste et élus du canton s’étaient donné rendez-vous mardi après-midi au rond-point du belvédère à Onzain (commune déléguée de Veuzain-sur-Loire) pour rendre un dernier hommage à Cécile Rol-Tanguy. Le convoi funéraire, parti de Blois, devait rallier le cimetière de Monteaux, lieu de l’inhumation de cette grande dame de la Résistance. Les maires, les porte-drapeaux et les habitants ont vivement applaudi au passage du cortège précédé par les motards. L’émotion était palpable quand Le Chant des partisans a retenti sur les bords de Loire.
ADIRP37-41
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