Les porte-drapeaux des associations patriotiques

La cérémonie en mémoire des victimes de la Rafle du 27 juillet 1944 s'est  déroulée ce dimanche 26 juillet au stade Maréchal Leclerc à la stèle du Lac.

 

Loches : la mémoire difficile de la rafle du 27 juillet 1944

Source : https://www.lanouvellerepublique.fr/loches/loches-la-memoire-difficile-de-la-rafle-du-27-juillet-1944

 

Une vingtaine de personnes ont assisté à la commémoration.© Photo NR

 

Le 27 juillet 1944, soixante-quatre personnes étaient raflées à Loches. Aujourd’hui, la mémoire de cet épisode dramatique reste compliquée

Dans le calme du dimanche matin, les noms s’égrènent, lentement. Soixante-quatre noms ; ceux des soixante-quatre personnes déportées, il y a soixante-seize ans, le 27 juillet 1944. Ce dimanche matin, ils étaient une vingtaine, au stade du Maréchal-Leclerc, à Loches, pour commémorer la rafle de cet été 1944.
64 personnes déportées vers les camps de la mort « C’est le seul lieu de mémoire de la déportation qui reste », souffle Gérard Jaunet, président de l’ADIRPF (*) du Lochois. D’un geste, il désigne la stèle qui rend hommage aux sportifs du Lac (Loches Athlétic Club) raflés en 1943. L’ex-école Vigny est désormais en chantier ; la stèle de la Résistance, place Verdun, est en cours de restauration.
« La rafle de Loches est une des rares au niveau national d’une telle ampleur », rappelle ce fils de déporté. Le 27 juillet 1944, à 6 h du matin, soldats allemands, gestapistes et miliciens encerclent la ville. « Il y a eu des dénonciations, précise Gérard Jaunet. Ils sont arrivés avec des listes de noms. » Au total, 200 personnes sont regroupées dans la cour de l’école des filles, et interrogés. Au soir, 64 d’entre eux sont raflés, dont six femmes. Parmi eux, 36 gendarmes des Loches et des environs, cantonnés dans la ville depuis quelques jours : « Ils reprochaient le manque d’acharnement des gendarmes à aller traquer les maquisards », résume le président de l’ADIRPF.
Les raflés sont enfermés dans la prison de Tours. De là, ils sont déportés en Allemagne, dans les camps de concentration de Neuengamme et Ravensbrück. Seuls seize d’entre eux en reviendront. « Ils auront eu le tort, pour la plupart, d’être seulement membre d’une famille de maquisard », résume l’ADIRPF.
Mais soixante-seize ans après les faits, la mémoire de ce drame reste difficile à entretenir. « Pour beaucoup, les Lochois ne connaissent pas cette histoire, regrette Gérard Jaunet. Il y a une culture de l’omerta qui s’est mise en place. » Ce dimanche, seule la gendarmerie assistait à la commémoration : « le devoir de mémoire est ancré dans l’armée, explique l’adjudant-chef Geoffrey Benoist. C’est important de le faire, quelle que soit la génération. » Les responsables politiques locaux, eux, étaient excusés.
« La commune estime qu’il y a suffisamment de fêtes patriotiques, pointe le président de l’ADIRPF. Ils préfèrent commémorer la libération éphémère de Loches, le 16 août. » À cela s’ajoutent les plaies des conflits internes à la Résistance, toujours vives, et les batailles politiques actuelles : les associations de déportés s’étaient opposées à la vente de l’ancienne école Vigny.
Désormais, celles-ci veulent cependant regarder vers l’avenir. « Nous avons ce projet commun de mur de mémoire, que nous souhaitons réaliser en 2024, pour les quatre-vingts ans de la rafle », évoque Gérard Jaunet, qui souhaite renommer la ruelle des Trois-Rois en rue des Déportés. Il espère convaincre la municipalité de réclamer des fonds européens, alors qu’une artiste doit réaliser les 64 portraits des raflés. « Mais ce n’est pas gagné », soupire-t-il.
(*) Association des déportés et internés résistants et patriotes et familles

Yves Souben

Dépôt de gerbe par Mme Françoise Marchelidon  membre du comité ADIRP 37,  de l'amicale de Ravensbrück, de l'amicale de Neuengamme et de Geoffrey Benoist adjudant-chef représentant le commandant de la gendarmerie de Loches

Dépôt de gerbe par Jean Soury président de l'ANACR 37

Les porte-drapeaux lors de la sonnerie aux morts

 

Le salut aux porte-drapeaux

Rappel : le livre "Loches pendant la guerre 1939-1944" est toujours disponible. Contacter M.Jaunet Gérard à l'adresse mail suivante : adirpf-loches2@sfr.fr

 

ADIRP37-41

Courriel: adirp.37@orange.fr

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